Maladie de Dupuytren

La maladie de Dupuytren est une affection bénigne d’origine inconnue qui touche une membrane se trouvant entre la peau et les tendons fléchisseurs au niveau de la paume de la main (aponévrose).

Avec cette maladie, l’aponévrose devient plus dense et plus épaisse. Des nodules se forment et la main se rétracte au niveau de la paume et des doigts. La progression de la maladie empêche l’extension correcte des articulations sans pour autant empêcher la flexion des doigts.

Cette pathologie est en partie d’origine génétique. Elle peut donc parfois exister chez d’autres membres de la famille.


Maladie de Dupuytren : symptômes et diagnostic

Un ou plusieurs nodules se font sentir au niveau de la paume ou dans le doigt. Ces nodules entraînent une rétraction de la peau et empêchent l’extension correcte du doigt.

Le diagnostic se fait grâce à un examen clinique.


Maladie de Dupuytren : traitements et évolution.

Il n’existe actuellement aucun traitement curatif de cette maladie. La seule intervention possible consiste à enlever les tissus malades. Les techniques chirurgicales ne peuvent empêcher l’extension de la maladie vers d’autres doigts ni éviter la récidive sur les doigts opérés.

Traitement médical

Différents types de traitement sont possibles pour récupérer une extension normale des doigts. Chaque situation fait l’objet d’une discussion avec le patient afin de lui proposer le traitement le plus adéquat.

Généralement, une immobilisation par orthèse pendant plusieurs semaines s’avère nécessaire.

Des injections de collagénase peuvent également être conseillées. Ce traitement simple offre l’avantage d’une très faible morbidité et un retour à la vie active très rapide. Ce type de traitement n’est applicable que pour les « brides » (nodules qui s’allongent avec le temps) facilement palpables. Le remboursement est limité à un maximum de 3 flacons par main atteinte par an et à un maximum cumulatif de 8 flacons par main atteinte au cours des années.

Traitement chirurgical

Un traitement chirurgical n’est proposé qu’en présence d’un déficit d’extension entraînant une gêne fonctionnelle. Toutefois, s’il touche les articulations interphalangiennes proximales, il pourra donner lieu à une raideur articulaire secondaire très difficile à traiter. Dès lors, la chirurgie est conseillée dès l’apparition d’un déficit d’extension à 30° ou plus au niveau de ces articulations.

Au niveau des articulations métacarpophalangiennes, une chirurgie plus tardive n’engendre pas de raideur articulaire.

Plusieurs options chirurgicales vont être envisagées au cas par cas.

La première est simple : il s’agit de sectionner la bride à l’aiguille. Dans le cadre de la maladie de Dupuytren, cette chirurgie est réalisée sous anesthésie locorégionale. Elle n’est possible que lorsque la corde est facilement palpable en sous-cutané. Il n’est donc pas toujours possible d’aboutir à une extension complète si certaines cordes sont inaccessibles.

La deuxième technique nécessite l’ablation chirurgicale des brides par des incisions cutanées classiques. Cette technique est réalisée sous anesthésie locorégionale. À terme, elle permettra une extension complète des doigts dans la plupart des cas. Cette technique est plus lourde que la première.

La troisième méthode implique l’ablation chirurgicale des brides et de la peau, suivie d’une greffe cutanée. Cette technique nécessite une dissection minutieuse et approfondie. Elle permet de résoudre à la fois les problèmes de déficit d’extension et les problèmes cutanés. Le taux de récidive est le plus bas.

Nous réservons cette option aux  cas de récidive après chirurgie ou aux jeunes patients chez qui la maladie est particulièrement agressive et où le taux de récidive est très élevé à court terme.